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La miniature sous l'uniforme dans tous ses états

Publié le par Milinfo
Publié dans : #Pompiers militaires, #Les miniatures de sapeurs pompiers, #Espace Nicolas M.

 

 

 

-23 septembre / 14 octobre 2026 :

 

Conception et impression 3D

L’EATT

L’échelle Automatique Tout-Terrain

de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris

(Par Nicolas M.)

 

Une EATT en action dans une rue parisienne [par ChatGPT sur un script de Nicolas M !]

 

➡Introduction

 

Au printemps 2026, j’avais prévu de faire une pause dans mes activités de modélisation 3D, parce que le vrai travail est vraiment exigeant en ce moment.

 

Je pensais que c’était le bon moment pour prendre un peu de temps libre...

 

Olivier avait encore quelques modèles issus de notre collaboration à finaliser pour les intégrer au catalogue et Jérôme avait quelques VLRA accessoirisés à diverses échelles à fignoler.

 

Et puis, j’ai déjà repoussé ma « pause » suite à une demande de Patrick qui m’a occupée de mars à début juin pour le M123 et sa remorque M172. Mais en juin, Patrick avait encore du pain sur la planche avec les chapitres 1 & 2 de nos travaux collaboratifs, et donc moi, un peu de temps avant d’attaquer le chapitre 3 (je garde le suspense sur la charge de la M172 que prévoit Patrick, mais ça pourrait être épais !).

 

Alors, avant cette pause, j’aimerais renvoyer l’ascenseur à Christophe pour le temps qu’il passe pour nous à faire vivre ce blog au quotidien. Milinfo.org sans lequel je n’aurais pas connu les personnes avec qui j’ai aujourd’hui plaisir à partager, échanger, commenter ou se lancer dans des créations improbables, juste pour le plaisir !

 

J’ai cru comprendre que Christophe collectionne du « pompier » (rouge et kaki) et je lui pose simplement la question par mail : « même si je ne connais pas le monde pompier, si je devais faire un modèle, lequel te plairait ? ». La réponse arrive quelques jours après avec un mot codé « EATT BSPP », accompagné d’un lien vers une vidéo du Musée de la BSPP sur Facebook.

 

Bon, « BSPP » ça va, je l’ai, je regarde le défilé du 14 juillet !

 

« EATT » ? … Je ne connais pas du tout ce véhicule. Alors je cherche sur internet. Tiens, vraiment original... ça me plaît !  Plus on creuse, et plus ce véhicule est intéressant à étudier afin de comprendre son design et son fonctionnement. Et vous l’avez compris au fil de mes partages, j’aime bien les véhicules originaux et décortiquer leur fonctionnement.

 

Alors, j’ai pas mal miné le web, par curiosité intellectuelle d’abord, mais aussi pour réussir le modèle et ne pas passer à côté d’éléments importants pour la modélisation. Ces « détails » sur les photos qui ne sautent pas aux yeux du néophyte du monde pompier que je suis, mais que les spécialistes de ces équipements noteraient immédiatement…

 

[Au final, j’en ai sûrement raté ! Et si ce sont de gros loupés, dites-le-moi en commentaires et je corrigerai le modèle si je peux]

 

Avant de poursuivre la lecture, surtout, n’hésitez pas à aller visiter les pages dédiées à ce véhicule, notamment celles où j’ai pioché de nombreuses infos. Ça transpire la passion !

 

https://www.netpompiers.fr/echelle-automatique-tout-terrain-des-sapeurs-pompiers-de-paris-eatt

https://www.forum-pompier.com/sujet6414.html

 

Suite aux nombreux commentaires sur l’article « M123 », j’ai eu envie de partager en détail le plaisir que je prends à donner une réalité palpable à des photos et notices. Je vous propose une description, pas à pas de la modélisation, pour passer des photos et informations glanées sur le web à un kit de pièces 3D prêt à assembler ! Souvent imparfaites, les informations trouvées nécessitent d’être recoupées, mises en cohérence et extrapolées pour envisager la solution la plus plausible à modéliser.

 

- Chapitre 1 -

Présentation de l’EATT de la BSPP

 

Avant de commencer la préparation de la maquette, une petite présentation de ce véhicule s’impose afin de partager son histoire singulière et son originalité technique, et de bien sentir que la modélisation à suivre va essayer d’en tirer profit pour le pas réaliser une simple « forme » ressemblante. Ce chapitre est la synthèse des informations collectées sur internet et qui serviront dans le chapitre 2 pour établir la base de données techniques nécessaires à la modélisation du chapitre 3.

 

➡Origine du besoin :

 

À la fin des années 1960, la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) est confrontée à une évolution rapide de son environnement opérationnel. L'urbanisation dense de la capitale, la présence de nombreux immeubles anciens organisés autour de cours intérieures et la multiplication des constructions de grande hauteur mettent en évidence les limites des échelles automobiles traditionnelles.

 

Les véhicules alors en service, bien qu'efficaces sur les voies publiques, présentent des difficultés d'accès dans de nombreuses configurations typiquement parisiennes : rues étroites, passages sous porches, cours enclavées, voies privées ou terrains peu portants. Ces contraintes retardent parfois la mise en œuvre des moyens et limitent les possibilités de sauvetage.

 

La BSPP identifie alors le besoin d'un véhicule capable d'allier les performances d'une échelle automatique à celles d'un véritable engin tout-terrain, tout en conservant un gabarit compatible avec les accès les plus exigus.

 

Plutôt que d'adapter une échelle automobile existante, les pompiers de la BSPP et des ingénieurs choisissent de développer un concept entièrement nouveau. Le projet repose sur plusieurs objectifs :

 

•           Réduire au maximum les dimensions du véhicule ;

•           Améliorer la mobilité en terrain difficile ;

•           Permettre l'accès aux cours d'immeubles parisiennes ;

•           Conserver une hauteur de franchissement compatible avec les passages voûtés ;

•           Disposer d'une échelle automatique offrant une capacité de sauvetage comparable aux engins classiques.

 

Cette approche conduit à l’identification du besoin d’associer un châssis tout-terrain spécialement étudié et une échelle automatique de conception Riffaud.

 

Ci-dessous, l’extrait d’un article – qu’il faut aussi lire ! – présenté dans une publication de la BSPP de l’époque. On y voit l’EATT équipé de pneus « tout terrain », version de base du SALEV TT15.

 

 

➡Les industriels :

 

La réalisation de l'EATT résulte de la collaboration entre la BSPP et plusieurs industriels français spécialisés.

 

Le châssis est développé par la société SALEV, reconnue pour ses véhicules spéciaux à forte mobilité. Sur la base du modèle SALEV TT15, il reçoit une transmission intégrale, quatre roues directrices et une architecture particulièrement compacte.

 

L'échelle est confiée à la société Riffaud, alors l'un des principaux constructeurs français d'échelles aériennes. Son expérience permet d'intégrer une échelle automatique de 24 mètres répondant aux exigences opérationnelles de la BSPP.

 

➡Le service actif :

 

Les premières EATT entrent progressivement en service au début des années 1970. Elles sont affectées dans plusieurs centres de secours de la BSPP où leurs caractéristiques particulières peuvent être pleinement exploitées.

 

Au fur et à mesure des exemplaires, certaines modifications sont apportées, comme ici le berceau de l’échelle ou un siège passager avant à gauche du conducteur entre l’exemplaire n°1 et le n°9. Les deux véhicules sont équipés de pneus ‘ville’ plus adaptés aux déplacements urbains. Sur les forums spécialisés, les anciens opérateurs de ce type de véhicule rappellent régulièrement son surnom de « kangourou », c’est dire à quel point les places assises étaient inconfortables et secouantes !

 

 

La silhouette basse, la cabine avancée et le châssis à quatre roues motrices les distinguent immédiatement des échelles automobiles traditionnelles. Les équipages découvrent un engin capable d'évoluer dans des secteurs jusque-là difficilement accessibles.

 

Pendant près de deux décennies, l'EATT participe à de nombreuses interventions de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Elle est engagée aussi bien pour les sauvetages en hauteur que pour les reconnaissances, les incendies urbains ou les opérations nécessitant un moyen aérien dans des environnements difficiles. L'EATT n'est pas une simple échelle automobile raccourcie. Elle est pensée dès l'origine pour répondre aux particularités architecturales de Paris.

 

Ses solutions techniques ont contribué au développement des générations suivantes d'échelles Riffaud. L'évolution des normes de sécurité, des matériels et des besoins opérationnels conduit progressivement à son remplacement par des échelles pivotantes semi-automatiques (EPSA) plus modernes et offrant des performances accrues.

 

Malgré cela, l'EATT demeure un véhicule emblématique de l'histoire de la BSPP, illustrant la capacité d'innovation de la Brigade et de l'industrie française et est restée en service jusqu'au début des années 1990.

 

➡Les innovations techniques :

 

L'Échelle Automatique Tout-Terrain (EATT) se distingue par plusieurs innovations particulièrement remarquables pour son époque, répondant aux contraintes spécifiques des interventions de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

 

•           Direction « en crabe » : grâce à ses quatre roues directrices, l'EATT pouvait effectuer des déplacements latéraux ou suivre des trajectoires très serrées, facilitant les manœuvres dans les cours d'immeubles, les passages étroits et les espaces confinés.

•           Faible hauteur hors-tout : sa conception compacte permettait le franchissement de nombreux porches, passages couverts et accès bas, inaccessibles aux échelles automobiles conventionnelles.

•           Passage sous voûtes : l'association d'une hauteur réduite et d'un empattement adapté autorisait l'accès aux cours intérieures parisiennes protégées par des voûtes ou des portiques.

•           Déplacement avec l'échelle dressée : dans certaines conditions d'exploitation et à vitesse réduite, l'EATT pouvait être repositionnée avec l'échelle partiellement ou totalement dressée, offrant une souplesse d'emploi appréciable lors des opérations complexes.

•           Franchissement de trottoirs et d'obstacles : son châssis tout-terrain, sa transmission intégrale et ses pneumatiques adaptés lui permettaient de franchir trottoirs, marches de faible hauteur et autres obstacles urbains, élargissant considérablement son domaine d'intervention.

•           Stabilisation adaptée aux espaces réduits : la stabilisation est assurée à la fois par des vérins intégrés au châssis SALEV TT15 qui permettent de compenser le roulis, mais aussi par quatre vérins supplémentaires qui permettent de stabiliser le véhicule en le soulevant du sol si besoin. Combiné à la faible largeur du véhicule et au fait que l’axe de l’échelle est fixe, ce dispositif permet d’assurer la stabilisation du système avec un empattement très réduit.

 

➡Le châssis SALEV TT15 :

 

Le véhicule servant de base à l'EATT est un chariot automoteur tout-terrain SALEV TT15, initialement destiné aux travaux industriels. Son architecture très compacte, associée à deux essieux directeurs, permet un rayon de braquage exceptionnel et un déplacement en marche « crabe ». Cette cinématique, rare à la fin des années 1960, permettait de progresser dans les cours intérieures parisiennes, les passages cochères et les rues étroites inaccessibles aux échelles classiques.

 

Ci-dessous un extrait de la documentation SALEV sur les modes de déplacement exploitant les roues directrices.

 

 

 

Le SALEV TT15 est propulsé par un moteur Diesel Perkins d'environ 79 ch couplé à une transmission hydraulique qui entraîne :

 

•           La transmission du véhicule ;

•           La pompe hydraulique de l'échelle ;

•           Les auxiliaires nécessaires au fonctionnement des différents équipements.

 

Le châssis est construit selon une architecture en acier mécano-soudé à forte rigidité, capable de supporter les efforts générés par le parc d'échelle tout en conservant un poids contenu. Cette conception répond à plusieurs impératifs :

 

•           Assurer la résistance aux efforts de torsion ;

•           Limiter les déformations lors du dressage de l'échelle ;

•           Garantir une bonne répartition des charges ;

•           Conserver un centre de gravité aussi bas que possible.

 

Par ailleurs, le châssis intègre deux vérins sur le côté droit permettant de compenser le roulis lors du gerbage sur terrain en pente ou même lors du déplacement du véhicule.

 

Ci-dessous un extrait de la documentation SALEV sur les modes de correction du roulis.

 

 

La vitesse maximale est d'environ 35 km/h. Il n’est pas taillé pour aller vite, mais bien pour atteindre les endroits que les autres véhicules ne peuvent pas secourir. Les quatre roues motrices, les pneus basse pression et une garde au sol élevée lui confèrent d'excellentes capacités de franchissement. Les dimensions du véhicule sont de l'ordre de 7,50 m de long, 2,08 m de large et 2,85 m de haut, pour une masse voisine de 7,25 tonnes.

 

➡Les pneumatiques :

 

Les EATT de la BSPP étaient livrées avec deux types de pneumatiques possibles afin d'adapter le véhicule à sa mission. Les deux types de pneus sont visibles sur les 2 images précédentes.

 

•           Pneus tout-terrain :  c’est le montage d’origine du SALEV TT15. Sur les documents SALEV, les pneus semblent avoir un diamètre de 1 240 mm avec une sculpture agricole/industrielle à gros crampons. Ils confèrent une excellente motricité sur terrains meubles, parcs, chantiers et pelouses.

 

•           Pneus "ville" : pour une utilisation essentiellement urbaine, la BSPP montait un profil routier industriel, beaucoup moins agressif. Les photographies montrent un profil de type rainures continues avec une bande de roulement presque plate. Ce profil confère plus de « confort » lors des trajets (vibrations et bruit), une meilleure tenue de route sur la chaussée et une usure plus faible.

 

Les archives techniques Michelin et les gammes industrielles de cette période montrent que les véhicules spéciaux français de ce tonnage étaient fréquemment équipés de pneus industriels routiers de la famille Michelin XS, XL ou X industriel.

 

➡L'échelle Riffaud 24 m :

 

L'équipement aérien est une échelle Riffaud à quatre plans télescopiques développant une hauteur maximale de 24 mètres. La structure est commandée hydrauliquement et se distingue par sa simplicité : contrairement aux échelles pivotantes traditionnelles, elle est montée directement sur le châssis sans tourelle de rotation complète. Cette disposition réduit la masse, abaisse le centre de gravité et améliore la stabilité sur un véhicule compact.

 

L'échelle est constituée de quatre plans emboîtés, réalisés en profilés d'acier à haute résistance. Chaque plan coulisse à l'intérieur du précédent grâce à un ensemble de galets et de guides limitant les frottements et garantissant un alignement précis.

 

Chaque plan est constitué de deux longerons latéraux reliés par des barreaux formant les échelons. Les longerons assurent la reprise des efforts de flexion tandis que les échelons contribuent à la rigidité de l'ensemble. La conception garantit une bonne résistance malgré un poids limité.

 

Le berceau est réalisé en acier mécano-soudé afin de résister aux efforts générés lors du déploiement et constitue l'interface entre le châssis et le parc d'échelle.

 

•           Support de l'échelle ;

•           Articulation pour le dressage ;

•           Transmission des efforts au châssis ;

•           Maintien des organes de guidage.

•           Les articulations des vérins de dressage.

 

Le relevage est assuré par deux vérins hydrauliques qui permettent de faire passer progressivement l'échelle de la position de route jusqu'à son angle maximal de service de 75 degrés. La progressivité de la commande offre un positionnement précis, indispensable lors des opérations de sauvetage.

 

Les quatre plans mobiles sont développés progressivement, permettant une extension régulière de l’échelle répartie sur les quatre plans, contrairement à d’autres échelles qui se déploient plan par plan. L’avancement du déploiement peut être mesuré grâce aux marquages apposés sur le côté du premier plan et un point de repère visible sur l’arrière du 4eplan.

 

 

Le mouvement de chaque plan est obtenu grâce à un système de galets et de poulies de renvoi qui guident les câbles enroulés/déroulés par un treuil hydraulique installé dans la partie arrière.

 

•           Les galets porteurs, qui supportent le poids des plans ;

•           Les galets de guidage latéraux, qui maintiennent l'alignement ;

•           Les galets de retenue, qui empêchent le soulèvement des plans.

 

- Chapitre 2 -

Collecte d’informations

 

Ce véhicule est singulier et désormais, il faut trouver les infos nécessaires pour faire un modèle pertinent et pas juste une coquille ressemblante.

 

➡Les photos publiques :

 

La première étape, ce sont les photos disponibles. Et ce n’est pas pléthorique…

 

Je vous partage ci-dessous, toutes celles que j’ai pu exploiter pour extraire les détails à modéliser. Il n’y en a pas beaucoup d’autres disponibles. Beaucoup viennent du site « Net Pompiers », mais aussi de quelques pages personnelles de passionnés qui ont pu approcher le véhicule lors de présentations dans la Capitale. Les photos du SALEV TT15 sont extraites d’un site d’enchères en Belgique.

 

Autant que faire se peut pour la mise en page simplifiée de cet article, j’ai laissé les noms et marquages des auteurs ou des sites. Désolé si j’en ai oublié quelques-uns...

 

 

 

 

 

 

 

Pour la suite du projet, la photo de l’EATT dans le hangar du Musée de la BSPP sera utilisée comme référence de côté, après correction du parallaxe et remise à l’échelle. Elle permettra de positionner et mesurer directement les éléments nécessaires.

 

 

➡L’échelle Riffaud :

 

Comme je connais mal le monde pompier, je veux comprendre et pas « juste » dessiner une échelle extensible. J’avoue avoir bien ramé pour comprendre le fonctionnement et trouver des informations.  Ceux qui savent comment ça marche, doivent bien faire rire, parce qu’au final, ce n’est pas si compliqué. Mais bon, quand on ne sait pas, on cherche !

 

Finalement, un peu par dépit et au hasard, je me décide à laisser un message sur le site Riffaud pour leur expliquer mon projet de maquette et leur demander s’ils n’auraient pas un peu d’information partageable pour m’aider.

 

Je vous l’accorde, c’est plein de naïveté et je le fais sans grand espoir …

 

Quelques jours après, cette demande improbable est arrivée jusqu’au mail du rédacteur en chef de « Véhicules d’incendie magazine », Monsieur Pierre J, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam, mais qui a la gentillesse immédiate de m’envoyer quelques photos de son exemplaire MVI en métal et de son diorama pour m’aider dans le projet. Les photos sont accompagnées de quelques conseils sur les points spécifiques à faire ressortir dans le modèle, c’est vraiment classe !!!

 

www.soldatsdufeu.fr

 

 

 

Deux jours plus tard, je reçois un autre mail de Monsieur Pierre J. contenant une image du plan historique du concept initial ! Alors, aujourd’hui je sais qu’il est très préliminaire et qu’il ne correspond pas aux modèles entrés en production, mais quel plaisir de recevoir en partage si naturellement la copie d’un morceau d’histoire de ce véhicule mythique... un énorme merci donc !

 

 

Néanmoins, je suis toujours dans la panade par ma méconnaissance du fonctionnement d’une échelle 4 plans. Je suis même aller lire quelques brevets de ce type de systèmes [pour que le brevet soit acceptable, il faut qu’il détaille la solution réalisée]. Bref, après quelques soirées à écumer des documentations diverses et variées, je pense avoir fini par comprendre les principes généraux des galets porteurs, de guidage et de retenue et autres poulies de traction et de rappel connectées aux treuils hydrauliques, comment l’échelle s’étend et se replie…

 

Tout ça pour finir avec une maquette de 15 cm x 4 cm x 5 cm ! « Faut être cabourd » comme aurait dit mon papa pragmatique !

 

Mais en vrai, quel pied de décortiquer ce véhicule et d’en comprendre le fonctionnement ! Désormais, je peux identifier les poulies, les galets et les passages de câbles sur les photos de l’EATT. La modélisation n’en sera que plus précise ;)

 

➡Le châssis SALEV :

 

La collecte d’information sur le châssis est plus facile car la référence au chariot SALEV TT15 ressort immédiatement dans les premières recherches Google. En revanche, les documentations ne sont pas légion… Après quelques heures à essayer de trouver des données gratuites, j’ai fini par trouver plus efficace d’investir 10 EUR dans un manuel papier de maintenance du matériel militaire MAT-5819 disponible à l’achat dans des boutiques spécialisées.

 

Une fois reçu, il contient bien évidemment la mine espérée d’informations...

 

➡Les plans côtés :

 

 

La description illustrée du poste de conduite :

 

 

Des vues permettant d’affiner le dessous du véhicule et la distribution hydrostatique :

 

 

Et, bien sûr, les schémas présentés plus haut sur les modes de déplacement ou la compensation du roulis ont été extraits de la documentation du SALEV TT15.

 

➡Intégration du SALEV TT15 dans l’EATT :

 

Avant de débuter la modélisation proprement dite, il me paraît nécessaire de bien comprendre comment la base du SALEV TT15 a été intégrée à l’EATT, afin de savoir quand s’appuyer sur les plans du SALEV TT15 et quand se reposer sur les photos des EATT.

 

Tout d’abord, par la forme des pare-boues, je note que le SALEV TT15 a été « inversé » dans l’EATT. L’avant est devenu l’arrière, ce qui contribue sûrement à améliorer la stabilité de l’ensemble. En effet, dans sa version chariot élévateur, la masse soulevée à l’avant est compensée par le bloc moteur situé à l’arrière. Pour l’EATT, le besoin est symétrique, puisque le poids est situé au niveau de l’échelle, à l’arrière de l’EATT.

 

Sur les photos ci-dessous – orientées dans le même sens pour les essieux – la forme remontante du pare-boue de gauche et le positionnement du filtre à air sont des points de repère importants. Sur le SALEV TT15, l’avant du véhicule est à gauche, sur l’EATT, l’avant est à droite.

 

 

Le poste de conduite du SALEV est retiré. Celui de l’EATT est positionné dans une extension dédiée à l’avant de l’EATT. Hormis son positionnement, le poste de conduite est similaire à celui du SALEV TT15. La partie liée aux opérations du SALEV TT15 est même identique. La partie de manipulation de la fourche de levage est remplacée par les spécificités de manœuvre de l’EATT, pour ce qui est des vérins de stabilisation et de l’échelle.

 

 

Les autres éléments du SALEV TT15 sont repris sans modification majeure visible et seront modélisés sur la base des plans SALEV TT15.

 

•     Vérins de correction de roulis,

•     Trappes d’accès au bloc moteur,

•     Filtre à air et accès au réservoir de carburant,

•     Forme de caisse

•     …

 

Les spécificités de l’EATT semblent « ajoutées » à la structure du SALEV TT15 et seront modélisées comme des blocs additionnels sur la base des photos d’EATT.

 

•     Le poste de conduite à l’avant

•     Les vérins de stabilisation au niveau de chacune des roues

•     Le bloc arrière supportant l’échelle et son système de levage et d’extension semble avoir été rabouté à ce qui portait le système de levage dans le SALEV TT15. La partie « avant » du SALEV apparaît d’ailleurs en pointillés sur le plan préliminaire de l’EATT.

 

 

La modélisation sera basée sur ce découpage et la pièce centrale va être ajustée tout au long de la modélisation pour accueillir les autres éléments. Dans sa version initiale, le châssis est constitué de 3 blocs principaux :

 

•     Bloc central : issu du SALEV TT15

•     Bloc avant : le poste de conduite de l’EATT

•     Bloc arrière : le système d’échelle.


- Chapitre 3 – Modélisation -
Choix de la configuration 


Voilà, tout est en place pour attaquer la modélisation : je pense avoir compris l’architecture générale du véhicule et le principe de fonctionnement des divers organes. Alors il n’y a plus qu’à modéliser l’EATT en 3D… 


OK, mais lequel : chacun de la dizaine de véhicules produits amène son lot de modifications. Pour la maquette à réaliser, il est nécessaire de faire des choix. Parmi les photos disponibles, il apparaît que les modifications visibles portent sur :


•    Le berceau de l’échelle (la forme a changé d’EATT 01 à EATT 05),
•    La forme des boîtiers visibles à l’arrière du premier plan de l’échelle, 
•    La présence ou pas d’un siège supplémentaire à gauche du conducteur,
•    Quelques variations sur le positionnement des cornes des klaxons,
•    L’utilisation ou pas de manilles à l’avant du véhicule, 
•    La présence ou pas d’une protection transparente au-dessus du tableau de bord
•    …


Bref, de multiples détails qui font que chaque exemplaire est assez unique. Et comme l’exemplaire EATT 7 est le plus visible sur les photos – et celui maintenu au musée – le choix se porte vers lui.
 

➡Pneus et essieux :


Pour une jolie maquette, il faut de beaux pneus : à commencer par les dimensions, les crampons, la jante et idéalement des marquages latéraux réalistes pour donner du détail à l’ensemble. 


La taille du pneu est définie à partir des plans disponibles. Le diamètre est d’environ 1 240 mm (un peu écrasé par le gonflage basse pression utilisé) et une largeur d’environ 335 mm.

La jante est mesurable dans le manuel SALEV à 28 pouces à l’extérieur du cerclage et sensiblement 24 pouces à l’intérieur.

Le diamètre total d’environ 48 pouces. On est donc sur des pneus de type 12.00 R24.

On trouve  des modèles très similaires chez Pirelli (FG85) par exemple. Par ailleurs, leur indice de charge est de 160/162, ce qui correspond à 4 500 kg par roue. C’est donc bien la bonne gamme de pneus !


En zoomant sur la photo de l’EATT à la casse de Rouen, on peut deviner un marquage « Michelin » et « Radial ». J’invente donc un pneu Michelin 12.00 R24 que je floque du logo des années 1970 et du marquage « radial ».


Finalement, pour compléter le marquage, en cherchant dans la gamme actuelle Michelin, la série « X LINE » semble correspondre aux mêmes caractéristiques.


 

 


Jante avec pneu ville, détail des moulures et pneu Michelin X Line :


 


La modélisation de l’intérieur de la jante prévoit un logement pour venir insérer l’extrémité de l’essieu, de manière à assurer la verticalité de la roue (même si ce n’est pas toujours le cas selon la charge du véhicule) et de permettre son orientation à la demande pour mettre le véhicule dans le mode de déplacement souhaité. 

 

Note pour Patrick  : je n’ai pas fait les biellettes, c’est trop fin en résine, je les laisse ajouter à ceux qui maitrisent les tiges en métal ou la photo-découpe !


Les essieux ne sont pas facilement visibles sur les photos de l’EATT, mais les images du SALEV TT15 en vente sur le site belge et les plans de graissage vus de dessous permettent de tailler leur gabarit.
 


La modélisation 3D réalisée combine la forme de l’essieu, symétrique avant et arrière, ainsi que la présence des vérins de compensation du roulis installés du côté gauche du SALEV TT15.

Dans le modèle 3D, les vérins viendront se fixer par le haut sur la caisse et par le bas sur l’essieu.

Chaque essieu dispose d’un téton de centrage qui permettra de le fixer dans la caisse principale du véhicule.

 

Pour se rassurer à cette étape, un test d’impression des roues et des essieux, avec une lumière rasante pour voir ressortir les marques des pneus sur cette résine blanche. On voit d’ailleurs que j’ai oublié un téton de centrage sur un des essieux.

 

 


➡Bloc central :


Le bloc central de la caisse de l’EATT est modélisé sur base des plans du SALEV TT15 et du plan de concept de l’EATT en ajustant quand nécessaire pour avoir la cohérence entre les deux.

La réalisation est régulièrement comparée aux photos (en projetant les plans générés sur les photos) pour s’assurer de ne pas déborder !


La première version définit l’enveloppe du côté gauche de l’ensemble des blocs sans les pare-boues du SALEV TT15

 


➡Blocs initiaux du ½ côté gauche :

 

Au fur et à mesure de la modélisation, ce bloc est modifié pour porter


•    Les empreintes et les tétons de centrage des essieux,
•    Les passages de flexibles venant du bloc moteur pour les vérins de compensation de roulis, 
•    Le capot avant avec ses détails,
•    Les tétons de fixation des coffres avant gauche et centraux,
•    Le coffre avant gauche,
•    Les points de fixation du filtre à air et du bouchon du réservoir de carburant,
•    Les points de fixation du bac à rouleaux de tuyaux,
•    Le pot d’échappement,
•    Le système d’arbres d’entraînement (décoratif sous le châssis),
•    La calandre, le pare-brise et le poste de conduite, 
•    Les sièges arrière et le râtelier, 
•    Les marches-pieds, 
•    Le support d’échelle, 
•    La plomberie hydraulique, 
•    …

 

Les captures d’écran des photos dans la suite de l’article sont réalisées au fur et à mesure de la modélisation. Donc les parties visibles autour de la pièce présentée ne seront pas forcément dans leur état final. 

 

L’EATT (et le SALEV TT15) dispose de vérins de compensation du roulis, uniquement côté gauche de l’EATT. Comme visible sur les photos ci-dessous, ils sont de petit diamètre, alimentés par deux flexibles hydrauliques arrivant du corps principal du châssis

 


Ils sont modélisés comme des pièces séparées venant s’insérer dans un logement prévu en haut du châssis et sur les essieux. Des réservations sont prévues dans le châssis pour installer des flexibles. 
 


Le filtre à air et le snorkel sont visibles sur les photos de l’EATT et du SALEV. Le schéma éclaté du filtre à air est présenté dans le manuel de maintenance du SALEV. Les colliers de serrage sont différents sur les EATT.
 


 


Finalement, une vue du système assemblé avec le tuyau de raccordement et avec le bouchon du réservoir de carburant, réalisés comme deux pièces indépendantes venant se loger dans des réservations aménagées sur le côté du véhicule.
 


Le capot avant est hérité du SALEV TT15 et permet l’accès au groupe de motorisation. En analysant les photos, on comprend que cette zone est un simple capot tenu par quatre grenouillères et facilement relevable par quatre poignées (fixes sur la photo de l’EATT de Rouen, rabattables sur l’EATT 7). Le capot est complété par une trappe de visite, côté droit au-dessus du réservoir de carburant.
 


Juste à côté de ce capot, l’EATT 7 est équipé d’un petit coffre de rangement, côté gauche, modélisé comme une pièce indépendante. 
 


À la place initialement dévolue au poste de conduite, un coffre plus grand a été installé avec un revêtement antidérapant (les poignées fixes sont des pièces indépendantes pour simplifier l’impression).
 


Sur les miniatures MVI, le pot d’échappement est présenté traversant le pare-boue à gauche derrière le conducteur, endroit où est effectivement le pot du SALEV TT15.

Néanmoins, aucune photographie de l’EATT ne le présente dans cette configuration et le pare-boue de l’EATT présente même un cache ajouté à cet endroit précis.

Si cette configuration a été essayée, elle n’a pas dû être conservée bien longtemps, parce que le pompier assis à l’arrière gauche ne pouvait pas profiter du bon air de la Capitale pendant les trajets puisqu’il respirait directement la sortie du pot ! 
 

 

L’originalité de ce véhicule réside aussi dans sa capacité de franchissement et de stabilisation. Comme le montrent certaines photos, il peut être posé sur les vérins de stabilisation, roues décollées du sol. De fait, j’imagine que cette maquette pourrait être présentée dans une situation où le dessous serait partiellement visible. Aussi, je prévois de le détailler un peu, pour éviter d’avoir un fond de caisse creux ou complètement plat. 


Pour cela, je m’appuie sur les plans du SALEV TT15 dont la page des points de graissage donne aussi les formes des axes d’entrainements et de la boîte de distribution.

 


A l’arrière du coffre central, l’EATT dispose d’un logement pour ranger les tuyaux enroulés et une lance d’attaque du feu. La forme varie selon les véhicules, notamment celui de Rouen.

 

Pour l’EATT 7, la première photo montre que le fond de ce râtelier est creux pour laisser passer les rouleaux de tuyaux et que des séparations horizontales sont installées pour les ranger côte à côte. Il semble aussi que les rouleaux côté gauche du véhicule (à l’arrière de l’image) soient de diamètre inférieur. 


Renseignements pris sur internet, les diamètres classiques des tuyaux de pompiers sont de 110 mm pour le raccordement à la borne et 70 mm ou 45 mm pour les tuyaux d’attaque. Quand ils sont mis à plat et enroulés, cela amène alors à des largeurs respectives de l’ordre de 170 mm, 110 mm et 70 mm.

 

Sur la seconde photo, la taille de main du pompier sur le rouleau semble confirmer un tuyau de 110 mm de diamètre (une main ~environ 15 cm de large).

 

La troisième photo laisse entrevoir les supports pour poser la lance.

 

La quatrième et cinquième photos montrent qu’il n’y a qu’une seule séparation côté droit (dans le sens de la marche) et deux plus étroites côté opposé.


Ce râtelier a la même largeur que le coffre central visible juste devant, soit 800 mm de large. Je décide de modéliser 4 logements : 200 mm à droite pour les tuyaux de raccordement de 110 mm de diamètre et 90 mm à gauche pour les tuyaux d’attaque de 45 mm. L

 

es reposoirs de la lance sont positionnés relativement aux séparations des rangements des tuyaux visibles sur les photos. [Selon la fragilité des pièces, j’intègrerai ou pas les tuyaux enroulés et la lance directement dans la pièce 3D].

 

Une barre de renfort est positionnée sur l’arrière du râtelier pour permettre de raccorder les sièges des pompiers. 

 

 


Deux sièges très sommaires sont installés pour les pompiers de part et d’autre du râtelier. On peut y voir une ceinture de sécurité (très avant-gardiste pour les années 70… Ou simplement lié au déplacement « kangourou » du véhicule !!! 😉) et une barre de maintien. 


Le profil du siège et le nombre de fentes sont pris sur la photo de l’EATT 7 au Musée de la BSPP.

La largeur est définie de manière à occuper tout l’espace entre le râtelier et le bord du pare-boue, ce qui amène à une largeur de 500 mm.

Le nombre et espacement des fentes dans le dossier sont aussi mesurés sur cette photo et reportées pour l’assise. Ensuite, le dossier, l’assise et les bords sont adoucis pour donner une forme moins géométrique.

La barre de renfort dorsal visible sur la photo de l’EATT 9 est ajoutée au dossier. Je choisis de la faire dépasser de 3mm pour venir se raccorder à celle mise à l’arrière du râtelier.

 

Finalement, la barre de maintien est intégrée au siège pour simplifier l’assemblage. Les pieds du siège et de la barre sont coupés avec le même angle que le pare-boue. Je choisis aussi de ne pas mettre de réservation pour le montage dans les pare-boues déjà très fins (et délicats !). Aussi, les sièges seront simplement collés à fleur sur le râtelier et raccordés en alignant le renfort dorsal avec celui du râtelier. 

 


Pour finir la position des pompiers de l’arrière, j’ajoute les cale-pieds. Ce seront des pièces dédiées dont je prévois les réservations pour le montage.

 


L’élément suivant du bloc central concerne la structure métallique qui viendra supporter l’avant de l’échelle, juste derrière le conducteur. Ce portique est composé de deux parties. 

 

•    Un châssis fixe qui sert de reposoir au premier plan de l’échelle. 
•    Une partie mobile, qui semble se relever pour verrouiller l’échelle lors du roulage et qui est abaissée pour libérer l’échelle avant de la lever.

 

Sur le côté gauche, un levier est visible sur les photos. Initialement, je pensais que c’était le levier permettant de basculer la partie mobile. En effet, sur l’EATT de Rouen, il y a plusieurs positions visibles et même des arrivées hydrauliques. Mais sur l’EATT 7, sa position semble identique que la partie mobile soit levée ou pas. 

 

Finalement, vus les axes de rotation disponibles (1) et (2), je pense c’est simplement un loquet traversant (3) – à ressort par exemple – qui permet de déverrouiller l’axe (1) pour abaisser la partie mobile du mécanisme pour libérer l’échelle et vers le haut verrouiller l’échelle abaissée. La partie mobile libérée est manipulée avec la poignée (4) et vient se bloquer dans l’échelle avec le tenon visible à l’extrémité (5). Le loquet est alors verrouillé à nouveau pour serrer le mécanisme.

 


Le portique est une simple structure soudée de tubes de 75mm et d’environ 700mm de haut. Elle prend toute la largeur du véhicule. J’imagine que cette largeur contribue à la sécurité des personnels à l’arrière en les alertant pour qu’ils baissent la tête si la structure du portique croise des branches ou des câbles. Les pieds du portique sont complétés par des équerres boulonnées dans le châssis et ont un écartement très légèrement supérieur à la largeur du capot moteur. 


La partie mobile est renforcée par une structure en croix pour assurer la rigidité. Elle sera modélisée comme une pièce séparée pour permettre de l’orienter au besoin selon la configuration « route » ou « échelle déployée » qui sera choisie. Comme pour les sièges, le portique sera simplement collé sur les garde-boues, sans réservation, positionné avec deux tétons de centrage qui seront faciles à poncer côté opposé.


En remettant l’image de gauche à l’échelle, la poignée est mesurée et positionnée. Ce sera une pièce dédiée pour pouvoir être remplacée facilement par une version métallique (une agrafe par exemple !)


En remettant à l’échelle l’image de droite, les supports des axes sont mesurés et positionnés en hauteur et ont un angle de 80° en position « route ». Cette articulation ne sera pas mobile compte tenu de la très faible différence entre les 2 positions. Finalement des petits plots sphériques fendus sont ajoutés pour repérer et faciliter le collage des chaînes de retenue.

 


Cette pièce marque la fin de la modélisation du bloc central. Les tuyauteries des vérins seront ajoutées lors du positionnement des vérins extérieurs et les motifs antidérapants à la toute fin pour éviter d’alourdir la manipulation du modèle 3D.

 

 


Profitons d’un test d’impression pour vérifier que « tout se déroule selon le plan » avec des pièces préliminaires rapidement ébavurées ! Bon, j’ai cassé l’aile, mais le montage et les détails sont validés : le portique et sa poignée, le pot, les vérins, les caisses, le repose pied, le siège arrière et le râtelier. Et les trous pour amener les flexibles aux vérins.

 


De l’autre côté, le montage du filtre à air (le trou est un peu grand), le bouchon de carburant. Les grenouillères, boulons de fixation du portique et poignées ressortent correctement. J’ai essayé une résine translucide pour le pré-filtre : le haut et le bas seront peint en noir mat, et le centre restera clair.

 


➡Poste de conduite :


Le bloc avant est une extension du SALEV TT15 nécessaire pour positionner le poste de conduite. Sa forme générale est construite à partir du plan préliminaire de l’EATT et ajustée pour « coller » à l’arrière du chariot SALEV. 

 


Ensuite, la « calandre » est ajustée à partir des plans et de quelques photos permettant de visualiser son empattement un peu moins large que le plateau. 

 

 


Le siège conducteur est disposé un support d’environ 250 mm de haut qui permet de surélever le siège et aussi, j’imagine, de protéger la mécanique et l’hydraulique qui distribuent une partie des commandes sur les leviers à proximité du siège. 

Sur la base du manuel du SALEV TT15 et des photos de l’EATT, on peut voir que l’intégralité des commandes disposées au pied du siège sont reprises pour l’EATT : gestion du roulis, du sens de marche, du crabotage notamment.


Les vues en plan – à gauche – permettent de déterminer l’avancement et la hauteur (largeur du rectangle vert) et de vérifier sur la 3D l’espacement avec le tableau de bord (largeur du rectangle rouge). Les photos de côté de l’EATT – à droite – permettent de déterminer la largeur. 

 


Ce volume est modélisé en ajoutant la plaque de fixation et les boulons visibles sur les photos. Les réservations pour accueillir les manettes G/D et le siège du conducteur sont mises en place. Ceci permettra de détailler ces petites pièces ou de les faire en métal ou de les réimprimer en cas de casse sans devoir refaire la caisse entière. 

 


Le siège est un élément esthétique important, car il est très visible sur ce véhicule. Pour le soigner, je décide de reprendre l’assise et le dossier déjà dessiné pour d’autres projets – dont l’EGAME – et d’affiner la position du dossier qui apparaît très incliné sur les plans et les photos.

 

Le système de suspension du siège n’est pas visible sur les photos, mais compte tenu de la rusticité de l’engin, j’opte pour un système basique, comme il pouvait exister sur les véhicules industriels des années 70 avec un simple pied raccordé à un berceau suspendu et une structure tubulaire pour soutenir le dossier.

 

Le dessin du manuel SALEV laisse apparaître une molette de réglage au niveau de la main gauche sur l’avant du siège que j’ajoute dans la 3D.

 

 


L’EATT est équipé de 4 vérins stabilisateurs installés au niveau des essieux avant et arrière. Ils permettent de caler l’engin et de compenser le porte-à-faux de l’échelle (même si cette dernière se lève dans l’axe) lorsque l’engin est utilisé sur une pente. Ainsi certaines roues de l’EATT peuvent être soulevées du sol pour disposer l’engin le plus à plat possible.

 


En extension, on peut voir que c’est tout le bloc rectangulaire (3) qui est déplacé vers le bas (1). Le détail (2) montre que ce bloc est une protection du vérin lui-même. Dans le cadre (4), on peut voir que l’admission hydraulique arrive au travers d’un raccordement rectangulaire de section carrée légèrement moins large que le vérin et que l’ensemble est surmonté d’un feu orange visible des deux côtés, fixé par deux écrous. 

 

Sur la base de l’image de l’EATT remise à l’échelle, l’ensemble est mesuré : la tige (5) coulisse de 400 mm, le corps a donc une longueur comprise entre 400 mm et 785 mm. Je choisis arbitrairement 725 mm, car je pense que le coffrage protège la tige au maximum.

 

A l’échelle 1 :48, un vérin mobile [comme j’ai pu le faire sur le CEL] serait trop fragile. Je choisis donc de le modéliser en extension maximale. La tige pourra être coupée à la longueur souhaitée sur la partie marquée en jaune ci-dessous. Un téton de fixation est ajouté sur le haut du vérin. Le pied et le carter de protection seront une seconde pièce qui viendra se clipser sur le bas du vérin coupé (avec une réservation pour le bout de la tige et des points d’accroche sur le corps du vérin).

 

La lampe positionnée sur le haut de chaque vérin a un diamètre de 150 mm et une largeur de 70 mm. Le pied une hauteur de 60 mm. Ce sera une pièce dédiée.

 


Divers « accessoires » sont aussi ajoutés : 

 

 

•    Les marches-pieds dont les dimensions sont prises sur les photos en s’appuyant sur le nombre de stries antidérapantes. Ils sont intégrés à la caisse pour simplifier la continuité des marques antidérapantes [avec un risque de défauts imposant de réimprimer la caisse entière ]

•    Les manilles 

•    La plaque d’immatriculation aux dimensions normalisées.

•    Klaxon (pièce séparée)

•    Les phares avant de dimensions standards (pièces séparées)

•    Les textures antidérapantes de la cabine (pour vérifier la continuité, puisque je désactive dans la foulée pour ne pas alourdir le modèle à chaque calcul)

 


Pour le pare-brise, pas de vitre bombée ! Un grand panneau plat arrondi aux quatre coins sur une structure métallique soutenue à l’avant par des renforts verticaux et à l’arrière par des bras qui viennent s’appuyer sur le bloc de la calandre, pour une hauteur totale de 800 mm dont 650 mm de vitre. 


La largeur de la partie basse (1) est calée sur celle de la calandre (1 300 mm), puis en trapèze avec une largeur (2) de 1 375 mm et (3) de 1 450 mm


Les bras ont la même hauteur (800 mm) que la structure et sont sensiblement verticaux, ce qui fixera l’inclinaison de la vitre. Les supports permettant de coller les rétroviseurs sont ajoutés.

 


Les rétroviseurs ont une forme assez originale, mais en regardant de plus près, c’est parce qu’il y a en fait deux miroirs avec des angles différents intégrés au même élément.

 


La forme est détourée sur une photo de face et remise à l’échelle sur la photo de référence de côté.
La pièce est dessinée et les miroirs sont creusés dans la forme pour simplifier la peinture.

 


La planche de bord est reproduite aussi fidèlement que raisonnable (n’oublions pas qu’au 1 :48 elle mesurera 9mm x 2,6 mm !), puis intégrée. J’ai mis le plein de carburant et l’eau n’est pas trop chaude et la clé est sur le contact !

 


Idem pour la partie centrale et droite de la planche de bord avec le compteur de vitesse et l’afficheur de roulis. Complètement à droite le boîtier de contrôle de l’échelle remplace les manettes du système de levage. La poignée sera faite dans une pièce à part.


La colonne de direction est intégrée dans la même pièce pour simplifier le montage ; sans oublier le moteur de l’essuie-glace qui dépasse au centre de l’habitacle et le petit réservoir de lave glace sur la gauche. Au-dessus du niveau de la planche de bord, la partie haute de la colonne et le volant lui-même sont réalisés dans une pièce à part. 

 


La cabine est complétée avec les quatre pédales présentes dans la documentation SALEV, ainsi que les leviers de commande de part et d’autre du siège et à l’avant sur le côté gauche du tableau de bord.

 


Pour finaliser ce bloc, j’ajoute ensuite la tuyauterie hydraulique pour les deux vérins à l’avant. C’est assez fastidieux à modéliser proprement pour que ce soit à la fois arrondi et suffisamment « collé » à la caisse pour tenir correctement. De plus cette plomberie n’est pas symétrique : elle doit contourner le pot d’échappement côté gauche et il y a quatre tuyaux supplémentaires côté droit pour alimenter les leviers de commande autour du siège du conducteur.


Le petit – et fragile – boîtier de commande à gauche est ajouté comme une pièce séparée et le raccordement aux vérins est ajouté sur chaque vérin, avec un petit plat qui permettra de coller proprement sur la caisse. 

 


Petit point d’étape avec la vue 3D du véhicule porteur avant de passer à l’échelle Riffaud, et de son équivalent en résine (l’impression a été lancée avant de poser la tuyauterie et les marques antidérapantes).

 

 

 

Une vue de l’ensemble résine (avec un marchepied initial trop long)


Un détail sur le tableau de bord qu’il faut rehausser un peu même si le blanc est trompeur. Les phares, rétros, boulons le long du pare-brise et klaxons sont OK, même si j’ai collé les phares en inversant gauche et droite !

 

 

Le poste de conduite, volant, commodos, leviers, vérins de stabilisation et feux sont validés :
 

➡Système levage

 

En commençant le système de levage, je place tout d’abord le support du berceau mécano-soudé. Et là, c’est le drame : je réalise que le berceau extrait des plans ne se positionne pas du tout au bon endroit et ne dépasse pas du tout de la bonne manière du plan arrière des garde-boues !

 

 

 

Après investigation, deux erreurs cumulées :

 

  1. Le décalage vertical est lié à une erreur dans ma référence : j’ai pris comme repère le bas de caisse, alors que j’avais utilisé jusque-là la position de l’axe de essieux. Je suis donc obligé de reprendre les pièces des essieux pour remonter les axes de 10 cm.
  2. J’ai positionné le râtelier et les sièges à l’arrière de la pièce alors qu’y a un espace de 260 mm afin de pouvoir positionner les porte-cales et les extincteurs. Ce qui explique finalement pourquoi je trouvais le râtelier plutôt long visuellement ! 🧐

 

La correction prend quand même quelques heures afin de retoucher toutes les pièces impactées (sièges, râtelier, pare-boues, essieux, bas de caisse…) et vérifier de nouveau toutes les références.

 

Je peux alors m’attaquer aux supports verticaux. Le bloc de départ est défini par les bras qui supportent le bloc mécano soudé de l’échelle, en réalisant soigneusement le débordement de la cornière complété par :

 

  • Les axes du support du berceau de l’échelle, les supports bas pour les vérins latéraux de stabilisation
  • Les regards pour accéder aux vérins de levage qui seront ajoutés ensuite.
  • Les tuyauteries pour les vérins de stabilisation
  • La plaque d’immatriculation avec ses feux ; il me semble qu’il il a un feux « flash » sur les extérieurs et les feux plus classiques au centre.

 

Pour les besoins d’un futur diorama, je choisis de séparer l’échelle d’accès afin de pouvoir la positionner à ma guise et pour simplifier l’impression, cette pièce est isolée et viendra se fixer à l’arrière du châssis. Compte tenu de la taille des crochets visibles sur les photos, je choisis de ne pas les modéliser ni de prévoir de téton de centrage sur le bloc arrière [il serait visible et peu esthétique quand l’échelle n’est pas fixée au support).

 

 

Une fois le support arrière et l’échelle arrière en place, je positionne sur la pièce centrale les supports pour les extincteurs et les cales des roues.

 

 

J’ajoute ensuite le berceau mécano soudé « décoré » avec les diverses plaques antidérapantes et détails sur les côtés. A l’arrière droit, le moteur dépasse, ainsi que, côté opposé, sa fixation. On peut donc raisonnablement penser qu’entre les deux se trouve l’axe sur lequel s’enroulent les câbles de tension de l’échelle. Je modélise cet enroulement en prévoyant un petit orifice permettant de venir insérer une ficelle de 0,8mm pour représenter les câbles de l’échelle. Le système de crochetage de l’échelle sera imprimé avec l’échelle pour une meilleure tenue et viendra se positionner dans une encoche prévue à cet effet à l’avant de la structure.

 

 

Les vérins de levages sont positionnés à la verticale de l’axe avant, comme sur la photographie précédente. D’après la description de l’EATT, l’échelle peut être dressée à 75°. Compte tenu du positionnement de l’axe de rotation de la structure et des vérins, la longueur minimale des vérins est calculée a minima à 600 mm. De fait le bloc arrière est creusé pour accueillir l’axe des vérins. Comme sur le Manitou CEL, les vérins sont conçus pour être réglables de manière à pouvoir positionner l’échelle dans la position souhaitée. Pour simplifier le montage, le bas des vérins est doublé d’un renfort permettant d’épouser la forme du bas du perçage.

 

 

Afin de finir ce bloc, je souhaite compléter avec des outils des pompiers, mais je ne vois aucune reprise de raccordement des tuyaux sur le véhicule sur les photos disponibles. Je m’attendais à trouver une pompe pour augmenter la pression et atteindre les feux en hauteur vu les objectifs du véhicule. En cherchant un peu, je vois que « Eau de Paris » est tenue de fournir une pression de 2.5 bar minimum en sortie de bouche (1 bar dans les autres communes). De fait, j’imagine que cette pression était considérée suffisante pour attaquer les feux sur les premiers étages sans pompe additionnelle avec ce véhicule.

 

[Si les spécialistes ont des compléments d’explication, je suis preneur…]

 

De fait, je prévois de compléter la caisse des tuyaux avec un « splitter » de 110mm ó 2x45mm (que je récupère dans mon modèle de l’ELP MICNA !) et qui permet d’avoir 2 tuyaux de 45mm raccordés au tuyau de 110mm.

 

 

A l’arrière des opérateurs, deux extincteurs sont disponibles. Les dimensions de la cuve sont mesurées sur les images remises à l’échelle et sont sensiblement d’une longueur de 500mm pour un diamètre de 175mm environ. Ceci correspond à des extincteurs de la gamme 14/15 kg. Sur la base des nombreuses photos disponible, je laisse le soin à l’IA Tencent de me proposer un modèle 3D que je n’ai plus qu’à remettre à l’échelle.

 

 

Petit point d’étape : le modèle 3D à l’issue de la modélisation du berceau de l’échelle et du système de levage !

 

 

 

Et en version « réelle », j’imprime les nouvelles pièces de l’arrière ainsi que le châssis complété et corrigé pour vérifier les positions et assemblages. (nettoyage sommaire et optimisation pour la vitesse d’impression plutôt que pour la qualité).

 

Je valide les détails sur la cabine, plomberie et antidérapant.

 

 

L’assemblage des deux pièces :

 

 

Le support du bloc échelle (pour lequel il faudra reprendre la taille et diamètres des picots de centrage) :

 

 

Les vérins dans les 2 positions extrêmes :

 

 

Et les « goodies » avec les essais de gyrophares en résine translucide peinte avec des couleurs Tamiya transparentes ; et les extincteurs en position.

 

 

 

Tout cela prend une bonne tournure !

 

-Ajout du 14 octobre 2026 :

 

➡L'échelle de 24 m :


Je démarre enfin le dernier bloc, constitué de l’échelle à 4 plans. Maintenant que les divers éléments structurels sont en place, je peux ajuster la hauteur du portique, juste derrière le conducteur, pour que la hauteur soit conforme à celle de la structure mécanosoudée de l’arrière. J’avais volontairement pris de la marge sur la hauteur, et 100 mm se sont avérés utiles (réduction de la zone verte). Désormais, le mécanisme de verrouillage vient à fleur de la position de l’échelle… On est donc dans le vrai !

 


Je décide ensuite de traiter les 4 plans afin d’avoir le gabarit global avant de faire les finitions. Les 4 plans sont alignés sur leur face avant. Les photos disponibles montrent que les plans 2 et 3 sont un peu plus courts que le plan 1 et que le plan 4 est plus court d’un barreau. 


Les barreaux sont espacés de 30 cm. On dénombre 24 barreaux sur le plan 1 car le début de l’échelle est décalé pour permettre au pompier de monter sur la plateforme antidérapante. Les plans 2 et 3 ont 25 barreaux. Et le plan 4 a un barreau de moins puisqu’il est plus court de 30 cm.


Les échelles coulissent les unes dans les autres, avec une réduction de la largeur de 100 mm à chaque plan, avec une largeur du plan 1 mesurée à 860 mm environ. Ceci permet de fixer la largeur des montants à 45 mm. Les longerons font 60 mm de haut, sauf celui du bas du plan 1 qui mesure environ 100 mm.


Dans la longueur de chaque plan, les montants délimitent 7 intervalles de 900 mm de long chacun, renforcés par un barreau. Les longerons hauts des plans sont alignés et, de fait, chaque plan est moins haut de 50 mm que le précédent. Les renforts diagonaux sont ajustés en fonction de chaque plan, puisque l’angle varie de quelques degrés.  


Une fois tous ces paramètres identifiés, il n’y a plus qu’à dessiner le plan 1 !

 


Les 3 autres sont obtenus en dupliquant ce « motif » et en ajustant longueur, largeur, hauteur et inclinaison des renforts.

 


Et ENFIN !!! La première vue « complète » des éléments de l’EATT, le premier instant où j’ai dans la 3D tous les blocs de la maquette, en place et cohérents entre eux !!! Je savoure ce moment parce qu’il signifie qu’il n’y a pas de grosse erreur qui casserait tout le modèle… Néanmoins, il reste de nombreuses heures de travail pour finir les échelles avec les fixations, les poulies, les supports, les boîtes de commande, les galets, le toit, les gyrophares… 


Et encore quelques autres pour réfléchir à la configuration d’impression de chaque pièce pour espérer le meilleur rendu et éviter les défauts liés aux supports d’impression ou aux couches visibles…

 

 


Je m’attaque alors aux finitions : d’abord une retouche sur le côté droit de la structure mécanosoudée et le moteur du treuil. 

 


Puis les finitions des débuts des plans 2, 3 et 4.

 


Et enfin l’arrière du plan 1 avec :

 

•    Les supports de fixation

•    Les boîtiers électriques 

 


Et l’avant avec : 


•    La poulie avant 
•    Les supports de gyrophares (qui seront creusés pour pouvoir peindre le téton de fixation avec une couleur métal qui sera visible à travers le gyrophare)
•    Le toit en toile.
 


➡Le modèle complet :


Enfin, après de nombreuses dizaines d’heures de travail, le modèle 3D est complet ! 

 

 

 

 


➡Kit et montage du prototype :


Il n’y a plus qu’à générer les fichiers imprimables des 50 pièces – tout rond – différentes du kit qu’il faut ensuite disposer sur le plateau d’impression en travaillant une par une l’inclinaison pour minimiser les défauts d’impression. En comptant les pièces présentes en plusieurs exemplaires, le « kit » monte à 65 pièces.


 


Une fois imprimé (en prime, la figurine caricaturale d’un collègue qui était là pour utiliser la place restante sur le plateau !) :

 

 


Une fois nettoyé :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le montage :

 

 

 

 


Et le montage à blanc presque final après avoir passé la caisse et la calandre à l’apprêt :

 

 

 

 

A suivre...

 

-17 septembre 2026 :

 

 

L’échelle automatique tout-terrain de la BSPP

(Del Prado - par ChL)

 

Un engin étonnant, conçu pour les rues étroites de Paris

 

Parmi les engins ayant marqué l'histoire de la Brigade de Sapeurs-pompiers de Paris, l'EATT (Échelle automatique tout terrain) occupe une place à part. Compacte, particulièrement maniable et capable de se faufiler là où les échelles mécaniques classiques ne pouvaient intervenir, cette machine a été conçue spécifiquement pour répondre aux contraintes de la capitale.

 

Les EATT ont été en service à la BSPP de 1970 à 1990. Un exemplaire a également été mis en service à Rouen en 1975.

 

crédit photo © BSPP

 

Une réponse aux contraintes parisiennes

 

À la fin des années 1960, la Brigade cherche une solution pour remplacer les anciennes échelles sur porteur, indispensables dans certaines configurations urbaines : rues étroites, passages sous porches ou voûtes, cours intérieures… L'objectif est également de disposer d'un engin capable de franchir plus facilement les trottoirs et les établissements de tuyaux.

 

L'étude est menée par les services techniques de la Brigade sous la direction du général Perdu, alors commandant la BSPP. Le résultat est pour le moins original : une échelle automatique installée sur un petit châssis tout terrain Salev TT 15.

 

crédit photo © BSPP

 

Un petit châssis aux grandes capacités

 

Le choix se porte sur le Salev TT 15, un chariot tout terrain également utilisé dans l'industrie et par l'armée française. Son moteur Diesel Perkins développe 79 ch et entraîne les roues par l'intermédiaire d'une transmission hydraulique et d'une boîte automatique. La vitesse maximale se situe entre 35 et 40 km/h.

 

Mais c'est surtout sa maniabilité qui fait la particularité de l'EATT. Les quatre roues sont directrices et permettent plusieurs modes de braquage : roues avant seules, roues arrière seules, braquage en sens contraire pour réduire le rayon de virage, ou braquage dans le même sens pour permettre une évolution en « crabe ».

 

L'engin ne possède pas de suspension traditionnelle. Les pneumatiques de gros diamètre, gonflés à basse pression, assurent à la fois une certaine souplesse et de remarquables capacités de franchissement.

 

Une échelle Riffaud de 24 mètres

 

Sur ce châssis est installée une échelle Riffaud de 24 mètres, à commandes hydrauliques. Particularité importante : le parc d'échelles est installé sur un berceau fixé directement au châssis et non sur une tourelle pivotante.

 

Le berceau peut être incliné jusqu'à 10 degrés. Quatre vérins stabilisateurs permettent en outre d'adapter la position de l'engin au terrain. Lorsque les stabilisateurs sont déployés d'un seul côté, un dévers supplémentaire de 10 degrés peut être compensé. L'ensemble autorise un déport pouvant atteindre quatre mètres à l'extrémité du dernier plan lorsque l'échelle est complètement déployée.

 

Autre particularité remarquable : malgré son équipement, l'EATT reste un engin relativement léger, avec une masse inférieure à huit tonnes, soit environ la moitié du poids d'une échelle pivotante classique de l'époque. Sa stabilité permet même de se déplacer en manœuvre avec l'échelle dressée, mais non déployée.

 

crédit photo © BSPP

 

Un équipage réduit et du matériel à bord

 

Le poste de conduite, installé en position centrale, accueille un conducteur. Deux autres sapeurs-pompiers prennent place à l'arrière, sur deux sièges équipés de cale-pieds. Une protection sommaire est assurée par un toit fixé sur le premier plan de l'échelle et venant couvrir la cabine en position de route.

 

Malgré ses dimensions réduites, l'EATT emporte également le matériel nécessaire aux premières opérations : extincteurs à eau pulvérisée et à poudre, cordages, sangles, hache, pinces, projecteur portatif et appareil respiratoire isolant. Le matériel est rangé dans un coffre ouvert situé entre les deux sièges arrière.

 

Dix EATT en service

 

La BSPP a mis en œuvre au moins dix exemplaires, numérotés EATT 1 à EATT 10. Ils ont été affectés à différents centres de secours parisiens et de la petite couronne : Sévigné, Ivry, Rousseau, Dauphine, Landon puis Auteuil, Poissy, Montrouge puis Colombier, Levallois, Pantin et Colombes puis Asnières. Au moins un exemplaire a été placé en réserve.

 

À partir de 1990, les EATT sont progressivement remplacées par des échelles pivotantes semi-automatiques Riffaud montées sur châssis Renault, ainsi que par des échelles pivotantes automatiques dans certains centres.

 

 

L'EATT de Del Prado au 1/57

 

Avec son petit châssis Salev TT 15, ses quatre roues directrices, sa cabine ouverte et, surtout, son impressionnant parc d’échelles Riffaud, l’EATT constitue encore aujourd’hui l’un des engins les plus insolites de l’histoire de la BSPP.

 

Le modèle que nous vous présentons ici est une reproduction au 1/57 proposée par Del Prado dans le cadre de sa collection-presse consacrée aux « Camions de pompiers du monde » (voir ICI). Lancée en décembre 2004, cette collection s’est achevée en janvier 2008 après la publication de 150 numéros.

 

 

À l’époque, les collections-presse en étaient encore à leurs balbutiements et nous sommes donc assez loin du niveau de finition atteint aujourd’hui, notamment avec les modèles conçus et fabriqués par PCT/IXO pour de nombreuses collections.

 

L’EATT ayant récemment été au cœur d’échanges avec Nicolas M., il m'a semblé intéressant de ressortir ce « vieux » modèle. Il parlera peut-être à certains d’entre nous et rappellera aussi une époque où les collectionneurs de véhicules de sapeurs-pompiers devaient parfois composer avec des reproductions proposées dans des échelles pour le moins… improbables !

 

Le 1/57 en est assurément un bon exemple : une échelle qui ne facilite guère les rapprochements avec les collections au 1/43 ou au 1/50, mais qui n’enlève rien au charme de cette miniature et, surtout, à l’intérêt du véhicule reproduit.

 

Photos ChL (septembre 2026) pour MIlinfo.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A noter que les modèles en zamac de la collection Del Prado étaient proposés à des échelles très variables (1/50, 1/64, 1/87 ou 1/57) en fonction de leur poids et du gabarit (voir ICI). Lancée en kiosques, la collection a débuté  à 3,90 € pour le premier numéro, puis 6,95 € pour le deuxième, avant de se stabiliser autour de 10,95 € à 11,50 € pour les numéros suivants.

 

L'EATT de Red Scale au 1/43

 

Red Scale propose depuis peu une reproduction de l’EATT au 1/43, réalisée en impression 3D.

 

 

Pour parvenir à ce résultat, le fabricant a mené un important travail de recherche documentaire, s’appuyant notamment sur d’anciennes photographies afin de restituer au mieux les formes et les détails de cet engin pour le moins atypique.

 

 

 

 

 

 

 

 

La reproduction a ensuite été imprimée en 3D sur une Elegoo Jupiter SE… un nom qui parlera sans doute aux spécialistes de l’impression 3D !

 

 

Commenter cet article
J
Bonjour Nicolas, je profite d’une pause pendant un petit périple pour te dire que cette EATT va être une petite merveille d’exactitude et de détails…. Tellement belle que j’en arrêterais presque de faire de l’ACMAT !!! 😂<br /> SU…PER…BE !<br /> Jérôme H.
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N
Salut Jérôme. Jai fini cette semaine.. ouf. Je n'ai pas compté les heures mais jaurais du ! Quel engin... yen a partout des details à reproduire ! <br /> Le proto s'est super bien monté, le plan echelle est mobile et les plans coulissent comme je le voulais.<br /> Pour eviter de devoir réimprimer en cas de défauts, 50 pieces differentes... de toutes tailles !!! <br /> Bon, maintenant faut que je le barbouille ! 😂
N
Bonjour Nicolas M.<br /> <br /> Je suis aussi Nicolas M....Magnifique conception de l'EATT, hâte de voir la suite. Déjà l'EFA était un régale.<br /> L'EATT tu la fait à quelle échelle? 1/43?<br /> Je fais aussi de la conception 3d et impression en pompier, je pense poster quelques réalisation prochainement.<br /> <br /> Au plaisir
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N
Merci de ton retour, super sympa. Je viens d'envoyer à Christophe une fiche avec une de mes réalisation impression résine et moulage.
N
Je modelise echelle 1. Les marges de montage sont calées sur du 1:48 mais du coup 1:43 et 1:50 ca passe aussi. <br /> Je poserai la 3d sur Cults3d dans quelques temps si tu veux t'en faire un. Dici fin oct vus mes plannings de week-ends !!!<br /> Je mettrai un code "gratuit" comme dhab. Contacte moi via Cults.
N
Vas y lance toi ! Tu l'avais dit ya quelquew mois ! Partage ton travail et Christophe trouvera û moyen de distinguer les pseudos !!! <br /> Au plaisiir
R
Comme toujours , terriblement impressionnant , la fintion et les détails , waouhhh ! <br /> C'est quoi , ton boulot Nicolas , tu travailles sur la fusée Ariane , le Rafale , ou les SNLE , vraiment splendide ! <br /> Bravo à toi !! Amitiés , Robert B .
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L
Le projet prend forme, j’adore tous ces détails, même les deux cornes du klaxon👍👍👍
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B
Le chariot élévateur TT 15, qui était la base mécanique de cette EATT, était lui aussi très...inconfortable ! !
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K
En 1970, j’étais un jeune ado et ce nouveau véhicule m’avait séduit par son originalité. Hélas aucune reproduction miniature de l’engin n’existait à l’époque. J’en fis donc mon deuil. Aujourd’hui ce véhicule garde tout son intérêt et je le verrai bien s’aligner aux côtés de ses congénères dans mes vitrines.
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E
Une belle reproduction pour la collection Del Prado (avec des échelles diverses ...).<br /> Après, si on regarde la vue de dessus, derrière le poste du conducteur, on pourrait croire à avant de Jeep ... avec les ailes taillées en angle !
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L
Grandiose et totalement atypique, avec un profil unique qui n’appartient qu’à lui, super original, comme j’aime 👍😉🙏
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Milinfo... depuis 1998 !

 

 

 

 

Milinfo est né en 1998 ; il s'agissait alors d'un recto-verso en N&B, sans prétention, dédié aux miniatures militaires.

 

 

Diffusé auprès de collectionneurs et de détaillants, il a eu droit à quelques échos dans la presse spécialisée.

 

 

Puis Milinfo est passé de deux à quatre pages en 1999.

 

 

En 2002, le N&B est abandonné au profit de la couleur qui s'impose définitivement dans nos publications.

 

 

L'année 2011 est marqué par l'apparition de MilinfoPlus, le complément indispensable de Milinfo et traitant de sujets uniques.

 

 

En juin 2004, après la sortie de son 25ème numéro, Milinfo marque un temps d'arrêt... Le temps de réfléchir à son avenir et à son mode de diffusion. 

 

Les Milinfistes nous encouragent à ne pas arrêter l'aventure qui reprendra en septembre 2004 sous une nouvelle version mensuelle. La numérotation repart à zéro avec cette "nouvelle version"...

 

 

En 2006, Milinfo abandonne le format papier, se transforme en blog et s'ouvre à toutes les miniatures sous l'uniforme mais aussi aux matériels en service et/ou produits par nos industriels nationaux.

 

Parallèlement au site, nous avons relancé une version "papier" diffusée par mail, au format PDF. Milinfo Focus et ses hors-séries sont aujourd'hui le complément indispensable de Milinfo.org.

 

En mai 2023, Milinfo fêtera ses 25 ans d'existence...

 

 

 

 

Milinfo porte l'ambition de soutenir et rendre hommage à celles et ceux qui, chaque jour, consacrent leur vie à notre sécurité. Policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, marins-pompiers, soldats... sont les garants de notre tranquillité, les remparts contre les menaces, les anges gardiens de notre société.

 

Dans un monde où les dangers sont multiples, où l’incertitude est grande, ces femmes et hommes incarnent l’engagement, le courage et l’abnégation, en veillant sur nous sans relâche, de jour comme de nuit, dans des conditions souvent difficiles, parfois au péril de leur vie.

 

Les policiers et les gendarmes assurent la sécurité de nos rues, protègent nos concitoyens, enquêtent, interpellent et luttent contre toutes formes de délinquance. Grâce à eux, nous pouvons vivre sereinement, confiants en leur vigilance et leur dévouement.

Les sapeurs-pompiers et marins-pompiers, quant à eux, sont ces héros du quotidien qui interviennent sans hésiter face aux flammes, aux catastrophes naturelles, aux accidents de la vie ; ils incarnent la solidarité et le dépassement de soi.

 

Nos soldats défendent nos valeurs, ici et au-delà de nos frontières ; ils affrontent les épreuves les plus dures pour garantir notre liberté et préserver la paix.

 

À eux tous, à vous tous, nous devons respect et reconnaissance car nous savons que derrière chaque uniforme, il y a des femmes et des hommes, des familles qui partagent avec cette vocation exigeante.

 

Comme l’a si bien dit Winston Churchill :

 

"On ne juge de la grandeur d’une nation qu’à la façon dont elle traite ceux qui la protègent."

 

 

Milinfo en chiffres (actualisés 06/26)

 

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Les Milinfistes-Premium contribuent régulièrement au contenu de Milinfo. Leur participation, par l'envoi fréquent de contributions (textes et photos), justifie pleinement que les rubriques qui leur sont dédiées soient mises en avant.

 

La liste ci-dessous est bien sûr non exhaustive ; elle est aussi susceptible d'évoluer dans le temps :

 

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-Philippe S.

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Merci aussi à Pascal B., Alain Lesaux, Frédéric R... pour leur veille qui alimente notre contenu "In memoriam", "veille matériels et "actualité de la miniature sous l'uniforme".

 

 

 

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