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La miniature sous l'uniforme dans tous ses états

Publié le par Milinfo
Publié dans : #Espace Thomas Seignon, #Dossier 1 : les miniatures Solido-Verem, #Les miniatures militaires

 

 

SOLIDO – HACHETTE

« Vingt ans après » : la collection militaire (2002 – 2006)

À la recherche d’un deuxième souffle

 

Nous avons vu précédemment dans ces lignes que la répétition du procédé marketing des commémorations, initié en 1984 avec le 40e anniversaire du Débarquement de Normandie, était arrivée au bout de son potentiel à l’aube du XXIe siècle.

 

Si Solido souhaite continuer à vendre du militaire dans un esprit désormais davantage tourné vers la collection que vers le simple jouet, il lui faut trouver autre chose...

 

Début 2002, c’est justement l’idée d’une association avec des acteurs extérieurs au monde de la miniature qui va donner une nouvelle dimension à la série des militaires Solido.

 

Avec Hachette, Solido s’assure une puissance de feu commerciale considérable grâce au réseau des marchands de journaux, à laquelle s’ajoute le système de vente par correspondance. Une évolution qui se fait progressivement au détriment des magasins de jouets traditionnels, dont le déclin puis la disparition progressive ont déjà commencé.

 

Avec le Musée des Blindés de Saumur, Solido s’offre quant à lui une solide caution historique, ainsi qu’une capacité rédactionnelle de premier plan dans le domaine de l’histoire militaire. La présence de cette institution prestigieuse apporte également une touche de sérieux et de légitimité à une collection qui entend désormais séduire un public de collectionneurs.

 

Ainsi donc, à la fin de l'été 2001, quelle n’est pas notre surprise de découvrir cet objet chez tous les marchands de journaux de France et de Navarre !

 

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on nous promet alors du rêve : un « superbe modèle réduit », des « fiches passionnantes, avec la collaboration du Musée des Blindés de Saumur », le tout proposé « tous les 15 jours »

 

Bref, difficile de résister à une telle promesse… C’est Noël, mais cette fois après l’heure !

 

 

En ouvrant ce N° 1, on découvre surtout la véritable machine de guerre commerciale mise en place par Hachette pour lancer la collection et inciter les lecteurs à s’abonner : cadeaux en tout genre, réductions de prix et autres arguments destinés à fidéliser le collectionneur dès les premiers numéros.

 

Sur ce dernier point, il faut se replacer dans le contexte de l’époque : nous sommes encore à cheval entre le franc et l’euro, ce qui ne manque pas de donner aujourd’hui un petit parfum de nostalgie aux tarifs affichés. 

 

 

 

 

Puisque c’est bien le mot « char » qui est écrit en gros sur les pochettes, il faut naturellement attirer le lecteur vers le numéro suivant en lui promettant un véritable char, en l’occurrence le Sherman.

 

Pris dans l’enthousiasme du lancement, on en oublierait presque qu’en 2002, ce modèle réduit accuse déjà plus de 30 ans d’âge !

 

 

On nous fournit même un « certificat de garantie », imprimé sur fond du même Sherman. Au-delà du caractère quelque peu dithyrambique du texte qui y figure, on relève surtout la phrase suivante : « Les miniatures sont fournies avec leur boîte de collection inédite, numérotée et éditée en tirage limité ».

 

Il s’agit donc bien de la boîte, et non des miniatures, qui est « inédite, numérotée et éditée en tirage limité »… Sinon, il y aurait une petite faute d’accord !

 

Une précision qui, avec le recul, prête forcément à sourire…

 

 

Or, il s’avère que les véhicules sont aussi numérotés par gravage, en cohérence avec leur ordre d’apparition dans la série… Du moins en théorie !

 

À ce stade, j’ouvre une brève parenthèse sur les fiches produites par une équipe de rédacteurs, membres de l’AAMB (Association des Amis du Musée des Blindés) dirigée par le regretté Stéphane FERRARD.

 

C’est indéniablement un travail de qualité qui couvre un très large éventail de sujets liés de près ou de loin aux engins blindés et qui nécessite pas moins de 5 classeurs pour les rassembler.

 

 

 

Chaque numéro est donc proposé sous blister avec un véhicule, des fiches et une boîte de rangement spécifique à cette collection.

 

J’ai choisi ici de présenter le N°69 parce qu’il s’agit du même Sherman que le N°2 auquel on a ajouté quelques pièces complémentaires.

 

Ceci pour dire qu’en dépit des déclarations ronflantes, on comprend non seulement que, dès les premiers numéros, cette collection n’échappe pas à la dérive Solido de faire du neuf avec du vieux mais aussi que, dans la durée, cette dérive va s’amplifier.

 

 

 

Du côté d’Hachette, il faut reconnaître une réelle efficacité du service après vente qui, en cas de problème lors d’un envoi, se montre réactif en vous renvoyant un autre modèle qui pouvait d’ailleurs intégrer sous le même blister le véhicule suivant. C’est par exemple le cas ici pour le N°4 avec l’envoi initial (SOMUA S 35) et l’envoi de « rattrapage » qui intègre bien le véhicule suivant dans la série (N° 5 – DUKW).

 

 

 

On ne peut pas nier le caractère exceptionnel de cette collection caractérisée par un mode de distribution qui va se révéler très efficace, par la constitution d’une véritable encyclopédie autour de l’histoire des blindés et par des modèles… Dont on aurait aimé qu’ils présentassent tous une vraie particularité afin de répondre pleinement aux attentes des collectionneurs.

 

Quoi qu’il en soit, le pari qui repose sur le triptyque "Solido – Hachette - Musée des blindés" se révèle un pari gagnant et la collection est un succès. Ainsi, le volume initialement prévu autour de 90 modèles est finalement poussé jusqu’à 130 modèles et va nous amener jusqu’à l’été 2006.

 

 

Avant d’attaquer le catalogue complet de ces 130 modèles, il me semble nécessaire de préciser quelques points qui vont contribuer à modérer la notion de « collection de référence » qui nous est vendue par Hachette :

 

- Les boîtes sont spécifiques et se présentent sous quatre formats différents en fonction de la taille du modèle.

 

Si elles sont effectivement numérotées, elles ne présentent aucune référence nominative par rapport au modèle et leur numérotation apparaît sans relation directe avec la miniature qu’elles renferment.

En clair, ni la référence au Half-track T 19 ni le numéro 1 n’apparaissent pas sur la boîte du modèle numéro 1… Et ainsi de suite !

 

 

 

- On pourrait se consoler en se disant que le caractère exclusif de nos miniatures est garanti par la gravure de ce même numéro que l’on trouve sous tous les modèles.

 

Le problème c’est que pour certains modèles du catalogue (séries « military 1 » et « military 2 ») qui sortent simultanément entre 2002 et 2006, on retrouve exactement la même gravure.

 

En clair et à titre d’exemple, entre votre VLRA 4x4 de cette collection et celui du catalogue que vous pouvez vous procurer par ailleurs, vous ne verrez aucune différence. Il sont tous deux gravés au numéro 129….

 

Et n’espérez pas les différencier par la planche de décals puisque c’est strictement la même !

 

 

 

À propos de différenciation, ces deux PZ IV Ausf F1 vous semblent en apparence identiques et portent tous les deux la Ref. catalogue 6240 série « military 2 ».

 

 

Cependant, en les regardant de plus près, on constate que la caisse de celui de droite est percée de deux trous parfaitement circulaires à hauteur des deuxième et sixième galets de roulement, ce qui n’est pas le cas de celui de gauche.

 

 

En les retournant, on note qu’ils portent un numéro gravé normalement dédié aux modèles de notre collection (ce qui ne nous surprend plus !)... Or, pour un même char ces numéros sont différents (54 et 72). 

 

 

Il se trouve que le n°72 de la série  (le « Kugelblitz » ici à droite) porte les mêmes stigmates que notre char ici toujours à gauche.

 

Les trous sont manifestement d’origine industrielle et j’en ignore la fonction (peut être la mise en place de jupes de surblindage ?).

 

 

- Si vous vous dites qu’il y a vraiment de quoi s’y perdre entre un système de gravure qui s’applique aussi bien à cette série qu’à un certain nombre de véhicules du catalogue, je vous confirme que Solido peut encore faire mieux pour vous perdre puisque dans quelques rares cas le numéro gravé ne correspond pas à celui de la parution du modèle.

 

À titre d’exemple, le 4x4 Renault est censé porter la référence N°39

 

 

Comme on peut le voir, il porte le N°48 qui correspond normalement au char Léopard.  Allez vous y retrouver... !

 

 

- En ce qui concerne  les planches de décals et la mise en peinture des modèles, le curseur va du meilleur au pire. On nous a pourtant garanti, sur le certificat du même nom, que : « Nous avons cherché à obtenir les reproductions les plus fidèles des véhicules réels».

 

Autant je souscris à cette affirmation en regardant le Dodge WC 64 sanitaire qui reprend de façon presque complète les marquages d’un véhicule des Rochambelles de la 2e DB, autant le lanceur Pluton en vert petit pois affublé d’une planche de décalcomanies affectée à l’AMX 30 B2 (qui s’avère par ailleurs totalement fausse) me laisse franchement dubitatif, pour ne pas dire autre chose

 

 

Au bilan, le collectionneur qui est devenu la cible de ce type de produit peut légitimement se demander pourquoi la numérotation gravée n’a pas été exclusivement réservée à cette série et pourquoi l’effort de marquage / mise en peinture fait sur quelques modèles n’a pas été appliqué sur la totalité de la série ?

 

On peut se consoler en constatant d’abord que le prix est resté constant et relativement modique tout au long de la série (13,57 € par modèle après les promotions de lancement des 3 premiers modèles) et ensuite qu’au milieu de nombreuses reprises apparaissent quelques trop rares vraies nouveautés.

 

Ces prémisses étant posées, nous allons pouvoir passer maintenant à la revue de détail.

 

A suivre...

 

 

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K
Oups ! Voilà une étude très fouillée qui démarre sur cette collection Hachette - Solido. Elle promet d’être passionnante même si je n’y ai pas adhéré, sauf pour quelques modèles spécifiques comme l’AML 90 et le VAB en version Daguet qui sont venus compléter ma série 200. J’attends la suite avec beaucoup d’intérêt. Merci Thomas Seignon.
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J
Bonjour, tout cela nous augure un vrai historique complet de la collection SOLIDO/ HACHETTE militaire, bien que pour moi et ce depuis les collections des commémorations, ce fut le début de la fin de la collectionnite SOLIDO, dont je trouvais que trop tirer sur la corde avec les sempiternels mêmes modèles que j’avais depuis l’enfance, était quelque peu abusé. <br /> N’est pas d’ailleurs ici, le chant du cygne de la marque d’Oulins, avant de déposer le bilan?!<br /> <br /> « Qu’ils présentassent »….bravo pour cet emploi de l’imparfait du subjonctif, à l’heure où certains prônent la créolisation de la langue française et chaque jour de nouvelles règles de « français » mettent à mal notre belle langue de Rabelais… fin de l’emploi du passé simple, le ON qui s’accorde singulier ou pluriel, ou le fameux « malaisant »🤮 ou le «c’est un bon ami à moi » directement issu de Tintin au Congo (je cite: « toi y en a être bon ami à moi ») qui nous faisait rire autrefois, quand la bonne expression devrait être « c’est un de mes bons amis »…! <br /> Et pensée amicale pour un « illettré » à qui je renouvelle mon amitié et mon soutien 😜<br /> Jérôme H.
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Milinfo... depuis 1998 !

 

 

 

 

Milinfo est né en 1998 ; il s'agissait alors d'un recto-verso en N&B, sans prétention, dédié aux miniatures militaires.

 

 

Diffusé auprès de collectionneurs et de détaillants, il a eu droit à quelques échos dans la presse spécialisée.

 

 

Puis Milinfo est passé de deux à quatre pages en 1999.

 

 

En 2002, le N&B est abandonné au profit de la couleur qui s'impose définitivement dans nos publications.

 

 

L'année 2011 est marqué par l'apparition de MilinfoPlus, le complément indispensable de Milinfo et traitant de sujets uniques.

 

 

En juin 2004, après la sortie de son 25ème numéro, Milinfo marque un temps d'arrêt... Le temps de réfléchir à son avenir et à son mode de diffusion. 

 

Les Milinfistes nous encouragent à ne pas arrêter l'aventure qui reprendra en septembre 2004 sous une nouvelle version mensuelle. La numérotation repart à zéro avec cette "nouvelle version"...

 

 

En 2006, Milinfo abandonne le format papier, se transforme en blog et s'ouvre à toutes les miniatures sous l'uniforme mais aussi aux matériels en service et/ou produits par nos industriels nationaux.

 

Parallèlement au site, nous avons relancé une version "papier" diffusée par mail, au format PDF. Milinfo Focus et ses hors-séries sont aujourd'hui le complément indispensable de Milinfo.org.

 

En mai 2023, Milinfo fêtera ses 25 ans d'existence...

 

 

 

 

Milinfo porte l'ambition de soutenir et rendre hommage à celles et ceux qui, chaque jour, consacrent leur vie à notre sécurité. Policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, marins-pompiers, soldats... sont les garants de notre tranquillité, les remparts contre les menaces, les anges gardiens de notre société.

 

Dans un monde où les dangers sont multiples, où l’incertitude est grande, ces femmes et hommes incarnent l’engagement, le courage et l’abnégation, en veillant sur nous sans relâche, de jour comme de nuit, dans des conditions souvent difficiles, parfois au péril de leur vie.

 

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